13 juillet
2009__________________________________________________·
Tenaperdr'Production ·
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~♥•♥~ A little Story
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◄ Narrée par Maria Pedro L
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Il n'y a pas si longtemps, par une triste journée
sans lumière, je me promenai dehors.
Les nuages étaient bas et sombres, mais je n'avais pas peur
d'être mouillée, car le
soleil semblait vouloir s'approcher et assècher l'eau.
Donc, je me promenais paisbilement sur le
trottoir, tout en chantant gaiement dans
ma tête. J'étais loin de chez moi, loin de toute habitation
puisque je marchais dans le
rang St-Machin, comme chaque semaine désormais. J'avais oublié
de changer mes
souliers et mes pieds me faisaient souffrir comme je songeais
à revenir sur mes pas.
Alors que je me détournais, j'entendis un horrible son qui
figea mes traits.
Le tonnerre.
Je remarquai alors que le soleil avait fui,
intimidé par les noirs desseins des nuages,
et que quelques gouttes s'échappaient discrètement vers le
sol. Sachant que l'averse
ne tarderait point, je me mis à tourner sur moi-même. Non pas
pour empêcher la pluie
de m'écraser, mais à la recherche d'un abri qui, bien entendu,
n'existait pas.
Je devais avoir un air stupide à regarder le
ciel, le point menaçant, la bouche
peinée et les pieds en sang tout en tournant de plus en plus
vite, comme si mes
supplications eussent pu me sauver.
Comme dans un film, dans un ralenti qui me
désespéra, je vis la grisaille se déchirée
et laisser s'abattre sur moi toute sa furie. Les éclairs
m'aveuglaient, la pluie trempait
mes vêtements et ma peau, se mêlant aux larmes de désespoir
qui se fracassaient
au même rythme que les chutes glacées qui m'inondaient.
En quelques secondes à peine, mes jeans gris
étaient devenus noirs, lourds et
désagréables, comme le ciel, et mes cheveux collaient avec
volonté sur mon visage
ruisselant. Tout mon être n'était plus qu'eau et je n'avais
même plus conscience
d'exister.
Comme je m'agenoullais sur la route, je n'avais
plus rien à perdre, autant être
confortablement assise, le soleil revint. Aussi soudainement
qu'un battement
de paupière. Sans même m'avertir, moi qui l'avais tant évoqué.
Il devait me narguer.
Tout chaud et sec qu'il était, il n'y avait aucun doute, il se
moquait de moi.
J'avais l'air d'une noyée, quoique je n'étais pas
morte. L'idée seule de devoir
marcher pendant plus de quinze minutes pour voir le village me
donnait envie de
pousser ma ressemblance un peu plus loin, mais ç'aurait été un
peu stupide.
"Pourquoi s'est-elle suicidée ?"
demanderait-on.
"Oh ! Parce qu'elle était mouillée et ne
supportais pas quelques minutes de
marche !" répondrait-on en haussant les épaules et en faisant
ce geste équivoque
me désignant comme folle.
Non, je n'allais quand même pas mourir pour si
peu, j'allais survivre ! Et marcher.
Et, idéalement, me changer dès que je le pourrais.
Le temps me détestant ce jour-là, dès que je
posai un pied en avant, le vent se
mit à souffler avec force, entraînant dans sa course mon
bien-aimé insolent. La
pluie se remit à tomber, à l'horizontale, entrant dans ma
bouche et dans mes yeux
avec une férocité hors du commun. Les éclairs fusèrent à
nouveau, les arbres
dansaient, tournoyaient dans tous les sens, mes vêtements
glissaient vers le bas,
tentant de me faire comprendre qu'avancer était stupide et
impossible.
Mais, comme il est difficile de me faire changer
d'avis, je continuai mon chemin.
J'espérais arriver chez moi avant la nuit, mais rien n'était
moins sûr.
Avec une bande sonore de couac de canard dont les
droits d'auteur appartiennent
à mes souliers et les paroles de "Eye of the tiger" aux
lèvres, je posai un pied. Puis l'autre.
Et l'autre. Et encore. Encore. Droite. Gauche. Droite. Un
autre. Go ! Un, deux, un, deux.
Je regardais le sol, la tête penchée pour être plus
aérodynamique, le capuchon sur la tête
pour... pour... me donner un style, j'avançais vers le village
à la vitesse d'une chenille.
Mais j'avançais ! Et c'était alors tout ce qui
m'importait.
L'apparition de la pancarte annonçant le village
me fit un bien immense et j'exécutai quelques pas
festifs, sans cesser toutefois d'avancer.
La vue de la brune rivière du Chut me fit pousser
un hurlement joyeux et jamais je ne fus
tant heureuse de voir le pont qu'en ce moment-là.
La petite route du Moulinet me parut comme une
bouée en plein océan, les odeurs de fumier
et de l'abattoir de poulet me paraissaient plus délectables
que celle de mon lila chéri et je ne vivais que pour les
sentir. Après avoir passé tout ce temps au milieu de nulle-part,
trempée de tous les
côtés, mes perceptions de ce qui est agréable ou non avaient
été grandement altérées.
Le garage S.O.S. ressemblait à un phare dans ma
nuit noire, son apparence décrépie
était un nectar pour mes yeux humides et je me guidais sur son
spectre pour avancer.
Mon bonheur atteignit l'extase lorsque je croisai
la route Fafardini. Jamais poteau ne fut
étreint d'une telle façon en plein jour, en pleine rue, en
plein orage, j'en mettrais ma main
au feu et mes joues entre les dents d'Hannibal Lecter !
Le doux son mélodieux des cloches de l'église
emplit mes oreilles de sons autres que
"Couac" et "♪ It's the... Eye of the tiger... ♫"
et j'en fus soulagée, émue, réconfortée, charmée,
envoûtée... Bref, j'étais dans un état très, très, très
second.
La lecture du prix de l'essence créa en moi un
sentiment qu'aucun mot ne pourrait décrire.
Là où tous auraient fondu en larmes de désespoir, le prix
étant exorbitant, je me suis mis à rire,
à danser, en oubliant presque ma lourdeur aqueuse. Rien, rien
n'avait plus la même valeur et
mon bonheur ne nécessitait que si peu.
Je me mis à courir, sachant que, derrière cette
grande maison bleu pastel, une autre grande
maison d'un bleu nocturne, la mienne, m'ouvrirait ses portes.
Mes pieds semblaient flottés
sur le pavé mouillé et ma tête, bien que lourde, me semblait
d'une légèreté affolante.
Je la voyais, j'y étais arrivée, enfin, j'étais chez moi
!
À la hâte, je fouillai mes poches, à la recherche
de ma clé. Ma clé que je ne trouvais pas.
Ma clé qui... que... Désespérée, je me laissai tomber par
terre, attendant avec tristesse que mon
frère ou mes parents reviennent. Ce qui ne serait pas avant
plusieurs heures.
À l'intérieur de la maison, suspendue avec ses
autres amis, la clé de la jeune fille trempée,
désespérée, au bord de la crise de nerf et enragée riait
méchament. Elle avait toujours détesté
qu'on l'oublie. Désormais, on ne la laisserait plus seule,
elle en était convaincue !
•▼•Mouahahahahaha ! •▲•
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~♥•♥~ A little Story
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[○]By Marie.
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