Petite Histoire du 13 juillet  (Bazar) posté le mardi 14 juillet 2009 00:02

13 juillet 2009__________________________________________________· Tenaperdr'Production ·
◘ ..... ..... ..... ..... ..... ..... .....  ~♥•♥~ A little Story ~♥•♥~ ..... ..... ..... ..... ..... ..... ..... ..... ◘
                                            ◄ Narrée par Maria Pedro L ►
   Il n'y a pas si longtemps, par une triste journée sans lumière, je me promenai dehors.
Les nuages étaient bas et sombres, mais je n'avais pas peur d'être mouillée, car le
soleil semblait vouloir s'approcher et assècher l'eau.
   Donc, je me promenais paisbilement sur le trottoir, tout en chantant gaiement dans
ma tête. J'étais loin de chez moi, loin de toute habitation puisque je marchais dans le
rang St-Machin, comme chaque semaine désormais. J'avais oublié de changer mes 
souliers et mes pieds me faisaient souffrir comme je songeais à revenir sur mes pas.
Alors que je me détournais, j'entendis un horrible son qui figea mes traits.
   Le tonnerre.
   Je remarquai alors que le soleil avait fui, intimidé par les noirs desseins des nuages, 
et que quelques gouttes s'échappaient discrètement vers le sol. Sachant que l'averse
ne tarderait point, je me mis à tourner sur moi-même. Non pas pour empêcher la pluie
de m'écraser, mais à la recherche d'un abri qui, bien entendu, n'existait pas.
   Je devais avoir un air stupide à regarder le ciel, le point menaçant, la bouche
peinée et les pieds en sang tout en tournant de plus en plus vite, comme si mes
supplications eussent pu me sauver.
   Comme dans un film, dans un ralenti qui me désespéra, je vis la grisaille se déchirée
et laisser s'abattre sur moi toute sa furie. Les éclairs m'aveuglaient, la pluie trempait
mes vêtements et ma peau, se mêlant aux larmes de désespoir qui se fracassaient 
au même rythme que les chutes glacées qui m'inondaient.
   En quelques secondes à peine, mes jeans gris étaient devenus noirs, lourds et
désagréables, comme le ciel, et mes cheveux collaient avec volonté sur mon visage
ruisselant. Tout mon être n'était plus qu'eau et je n'avais même plus conscience 
d'exister.
   Comme je m'agenoullais sur la route, je n'avais plus rien à perdre, autant être 
confortablement assise, le soleil revint. Aussi soudainement qu'un battement
de paupière. Sans même m'avertir, moi qui l'avais tant évoqué. Il devait me narguer. 
Tout chaud et sec qu'il était, il n'y avait aucun doute, il se moquait de moi.
   J'avais l'air d'une noyée, quoique je n'étais pas morte. L'idée seule de devoir
marcher pendant plus de quinze minutes pour voir le village me donnait envie de 
pousser ma ressemblance un peu plus loin, mais ç'aurait été un peu stupide.
   "Pourquoi s'est-elle suicidée ?" demanderait-on.
   "Oh ! Parce qu'elle était mouillée et ne supportais pas quelques minutes de
marche !" répondrait-on en haussant les épaules et en faisant ce geste équivoque
me désignant comme folle.
   Non, je n'allais quand même pas mourir pour si peu, j'allais survivre ! Et marcher.
Et, idéalement, me changer dès que je le pourrais.
   Le temps me détestant ce jour-là, dès que je posai un pied en avant, le vent se
mit à souffler avec force, entraînant dans sa course mon bien-aimé insolent. La
pluie se remit à tomber, à l'horizontale, entrant dans ma bouche et dans mes yeux
avec une férocité hors du commun. Les éclairs fusèrent à nouveau, les arbres 
dansaient, tournoyaient dans tous les sens, mes vêtements glissaient vers le bas, 
tentant de me faire comprendre qu'avancer était stupide et impossible.
   Mais, comme il est difficile de me faire changer d'avis, je continuai mon chemin.
J'espérais arriver chez moi avant la nuit, mais rien n'était moins sûr.
   Avec une bande sonore de couac de canard dont les droits d'auteur appartiennent
à mes souliers et les paroles de "Eye of the tiger" aux lèvres, je posai un pied. Puis l'autre.
Et l'autre. Et encore. Encore. Droite. Gauche. Droite. Un autre. Go ! Un, deux, un, deux.
Je regardais le sol, la tête penchée pour être plus aérodynamique, le capuchon sur la tête
pour... pour... me donner un style, j'avançais vers le village à la vitesse d'une chenille.
Mais j'avançais ! Et c'était alors tout ce qui m'importait.
   L'apparition de la pancarte annonçant le village me fit un bien immense et j'exécutai quelques pas
festifs, sans cesser toutefois d'avancer.
   La vue de la brune rivière du Chut me fit pousser un hurlement joyeux et jamais je ne fus
tant heureuse de voir le pont qu'en ce moment-là.
   La petite route du Moulinet me parut comme une bouée en plein océan, les odeurs de fumier
et de l'abattoir de poulet me paraissaient plus délectables que celle de mon lila chéri et je ne vivais que pour les sentir. Après avoir passé tout ce temps au milieu de nulle-part, trempée de tous les
côtés, mes perceptions de ce qui est agréable ou non avaient été grandement altérées.
   Le garage S.O.S. ressemblait à un phare dans ma nuit noire, son apparence décrépie
était un nectar pour mes yeux humides et je me guidais sur son spectre pour avancer.
   Mon bonheur atteignit l'extase lorsque je croisai la route Fafardini. Jamais poteau ne fut 
étreint d'une telle façon en plein jour, en pleine rue, en plein orage, j'en mettrais ma main
au feu et mes joues entre les dents d'Hannibal Lecter !
   Le doux son mélodieux des cloches de l'église emplit mes oreilles de sons autres que
"Couac" et "♪ It's the... Eye of the tiger... ♫" et j'en fus soulagée, émue, réconfortée, charmée,
envoûtée... Bref, j'étais dans un état très, très, très second.
   La lecture du prix de l'essence créa en moi un sentiment qu'aucun mot ne pourrait décrire.
Là où tous auraient fondu en larmes de désespoir, le prix étant exorbitant, je me suis mis à rire, 
à danser, en oubliant presque ma lourdeur aqueuse. Rien, rien n'avait plus la même valeur et 
mon bonheur ne nécessitait que si peu.
   Je me mis à courir, sachant que, derrière cette grande maison bleu pastel, une autre grande
maison d'un bleu nocturne, la mienne, m'ouvrirait ses portes. Mes pieds semblaient flottés
sur le pavé mouillé et ma tête, bien que lourde, me semblait d'une légèreté affolante.
Je la voyais, j'y étais arrivée, enfin, j'étais chez moi !
   À la hâte, je fouillai mes poches, à la recherche de ma clé. Ma clé que je ne trouvais pas.
Ma clé qui... que... Désespérée, je me laissai tomber par terre, attendant avec tristesse que mon
frère ou mes parents reviennent. Ce qui ne serait pas avant plusieurs heures.
   À l'intérieur de la maison, suspendue avec ses autres amis, la clé de la jeune fille trempée, 
désespérée, au bord de la crise de nerf et enragée riait méchament. Elle avait toujours détesté 
qu'on l'oublie. Désormais, on ne la laisserait plus seule, elle en était convaincue ! 
                                              •▼•Mouahahahahaha ! •▲•
◘ ..... ..... ..... ..... ..... ..... .....  ~♥•♥~ A little Story ~♥•♥~  ..... ..... ..... ..... ..... ..... ..... ..... ◘
                                                                                                                              [○]By Marie.
_____________________________________________________________· Tenaperdr'Production 
Partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.107.191.114) pour vous identifier.     

Aucun commentaire pour l'article:
Petite Histoire du 13 juillet


 

Accueil | PC | PS3 | 360 | Wii | PS2 | DS | PSP | IPHONE | Web |
Jeux du moment : Bioshock 2 PC | Bioshock 2 PS3 | Call of Duty : Modern Warfare 2 360 | F1 2009 Wii | Assassin's Creed II : Discovery DS