Le soleil se levait à peine et éclairait d’une façon étrange le petit visage agité de
Stella. Les fenêtres nues laissaient passer les dérangeant rayons et elle finit par se
réveiller, ayant l’impression de ne pas avoir dormi.

Les yeux bouffis, elle fit son lit et s’y laissa choir, attendant que sa mère l’appelle
pour manger. Elle fixait d’un œil morne cette fenêtre qui l’avait tant effrayée la veille
et ne lui trouvait plus son air macabre.
« Je pourrais découper des morceaux de mon drap et les coller dessus… Comme
ça, je dormirais plus longtemps et je ne verrais pas la forêt en me couchant.
Mais maman serait fâchée de me voir découper un bon drap… Peut-être que… »
Songeant à mille et une choses, elle finit par se rendormir.

Édith avait terriblement mal dormi, sa première nuit dans cette maison n’avait
pas été très concluante. Elle espérait que ces enfants avaient eu un sommeil
plus agréable que le sien. Elle se frotta le visage quelques instants, tentant d’y
mettre un peu de couleur, puis elle sortit d’un pas vif dans le couloir sombre.
Comme elle avançait, le plafond craqua étrangement, comme si quelqu’un y
traînait quelque chose. Elle n’avait pas encore eu le temps d’aller faire le ménage
au grenier et elle redouta alors d’y trouver des rats.

Elle frissonna à cette idée. Des images d’horribles bestioles poilues défilaient
dans sa tête. Des petites queues roses. Des poils gris. Des petits yeux noirs
et globuleux. Des petites griffes. Des petites pattes qui lui montent dessus. Des
museaux qui la reniflent. Des dents pointues qui la mordent !
L’horreur ! Elle se secoua mentalement, s’administrant une gifle monumentale –
toujours mentalement -, puis une autre pour chasser complètement les rongeurs
de son esprit.
Elle jeta un maigre coup d’œil à l’escalier menant au grenier. Frissonnant de
nouveau, elle fit mine de ne plus entendre les bruits venant d’en haut et descendit.
Édith ouvrit le réfrigérateur, cherchant quelque chose à manger.
« Je n’aurai pas le choix, il va falloir que je leur fasse autre chose que des
céréales, un jour, se dit-elle tristement. Moi qui déteste cuisiner, je n’aurai pas
le choix. »
Trouvant une boîte de gaufres, elle en mit trois à chauffer et appela ses enfants.
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