
À l'étage, Stella se réveilla en sursaut. Elle se sentait épiée
et elle avait froid.
Inquiète, elle se releva et sorti de son lit, prête à rejoindre sa
mère.
Toutefois, l'idée de devoir poser ses pieds par terre la figea.
Elle avait cette impression qu'en posant le pied, quelque chose le
lui saisirait et la tirerait sous le lit.
Les ombres des arbres fouettés par le vent faisaient une danse
macabre sur les murs et les meubles de la petite pièce qu'on avait
tenté d'égayer par un édredon rose.

Tremblante, elle resta suspendue dans
une position inconfortable : ni assise, ni couchée.
Elle n'osait regarder vers la fenêtre à sa gauche de peur d'y voir
des yeux l'observer.
Comptant jusqu'à dix, Stella tenta de calmer sa respiration.
Un...
Les ombres semblaient s'approcher d'elle.
Deux...
La maison entière semblait poussée par le vent.
Trois...
Le froid entrait de partout.
Quatre...
Elle entendit un hibou au loin.
Cinq...
Les ombres étaient de plus en plus sombres.
Six...
Des bruits mats en bas.
Sept...
Un nuage cacha la lune, cachant toute lumière.
Huit...
Il n'y avait plus que des ombres denses autour d'elle.
Neuf...
Elle ferma les yeux.
Dix...
TOC ! Quelque chose cogna contre la fenêtre à sa gauche.

Sautant par terre, le plus loin possible de son lit, Stella
ouvrit la porte rapidement et se rua hors de la pièce sans regarder
vers la source du bruit.
Le plancher craquait sous ses pas, le froid mordait ses
pieds.
Le couloir lui semblait horriblement long.
Ne regardant que devant elle, elle tentait d'empêcher sa vessie
d'éclater et ses yeux de se vider.

Elle tourna la poignée de la chambre de sa mère en vain.
Impossible d'ouvrir la porte.
Gémissant d'angoisse, Stella continua son chemin, décidée à aller
aux toilettes.
Elle se réfugierait ensuite avec son frère.
Oui, elle allait faire ça.
Elle appréhendait de tourner au bout du couloir. Qui savait ce qui
pouvait être caché de l'autre côté, dans ce vieil escalier ?
Respirant fortement, elle avança.

Par chance, il n'y avait rien. Toutefois, ce constat ne calma
nullement son pouls, lequel semblait pris de folie.
Les marches grinçaient, ployaient sous ses pas. Au moins les
lumières étaient-elles allumées.
Elle avait terriblement froid et commençait à douter de son idée.
Pourquoi s'était-elle levée ? Quelle idée idiote ! Elle gémit
et tenta de se frictionner afin d'arrêter les tremblements qui la
secouaient autant que le vent secouait les arbres dehors.

Elle entendait des bruits sourds, violents et peu rassurant
provenant de partout et de nulle part. Elle comptait dans sa tête
chacun de ses pas, y cherchant un certain réconfort.
Stella eut alors le malheur de regarder dehors, à travers les
grandes fenêtres. Les chevaux, comme des voleurs, des ombres, se
promenaient autour. Ils lui semblaient irréels.
Lorsqu'elle croisa le regard d'un des quadrupèdes, elle prit
peur.

Elle courut vers la porte close de la minuscule salle de bain.
Celle-ci n'avait pas de fenêtre et cela la rassura.
Par contre, cela signifiait également qu'il n'y avait qu'une
issue.
Respirant un bon coup, la petite fille mit la main sur la poignée,
surprise par la froideur cadavérique du métal.

Cette dernière tourna difficilement et sa température glaça le
sang de Stella.
Un petit nuage s'échappa des lèvres gercées par la peur de la
fillette.
La porte grinça, comme tout dans cette maison, et, rapidement, elle
alluma la lumière.

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