
Dans sa petite chambre au rez-de-chaussée, Guillaume peignait.
Ses épaules étaient secouées de longs sanglots, ses doigts se
crispaient et se détendaient à l'unisson de ses traits
fatigués.
Il devait être tard, mais il n'en avait cure.
La maison semblait souffrir, tout comme lui. Elle gémissait, tout
comme il en avait envie. Mais surtout, elle semblait prête à tomber
en morceaux à tout instant. Lui aussi.

Depuis sa tendre enfance, Guillaume avait toujours peint. C'était la seule façon qu'il avait trouvé pour calmer sa souffrance. Il pouvait enfin s’évader pour quelques instants. Mais pas ce soir.
La douleur le secoua une nouvelle fois, plus violente. Poussant
un soupir de frustration, il jeta au loin son matériel.
Il perdait des forces chaque jour, il le sentait. Les cernes sous
ses yeux las ne mentaient pas.
Donnant un coup de pied sur son chevalet instable, il s'allongea
sur le lit, les yeux fermés et les poings crispés.

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